Les Québécois reviendront à Montréal

Le 29 mars dernier, Geoff Molson tenait une conférence de presse qui avait d’abord pour but de confirmer le congédiement de Pierre Gauthier.

Le propriétaire du club en avait profité pour jeter les bases de la nouvelle philosophie qu’il désirait établir au sein de l’organisation.

Il avait mis l’accent sur le retour d’une culture gagnante et il avait souligné la passion des fans, ainsi que le fait qu’il entendait les critiques de ceux-ci…

M. Molson avait pris le soin de s’adresser aux médias, en premier lieu, uniquement en français…

Depuis, il a procédé à l’embauche de Marc Bergevin à titre de directeur général, un choix moins populaire que Julien BriseBois, qui était alors l’option privilégiée par les fans.

En moins de 6 semaines, nous avons pu nous familiariser avec notre nouveau DG, nous avons découvert un homme sympathique, affable et honnête. Il est québécois, francophone et compétent. Rares sont ceux qui peuvent aujourd’hui trouver une critique à faire sur son travail ou ses décisions jusqu’ici…

Avant de virer tous les hommes de hockey qui étaient à l’emploi de l’équipe, il les a évalués. Larry Carrière, un Montréalais, est devenu son bras droit dans les premiers jours de son règne.

Carrière connaissait déjà les forces et les faiblesses de l’organigramme de l’équipe, lui qui a travaillé à plusieurs niveaux, tant avec les joueurs qu’avec le personnel hockey. Il pourrait bientôt être « récompensé » et se voir confier le poste de DG des Bulldogs…

Il a conseillé son DG et, avec une grande humilité, il a laissé la place, en quelque sorte, à Rick Dudley, une excellente tête de hockey, qui fut la première embauche de Bergevin.

Dudley travaille dans l’ombre, il réalise les tâches ingrates, mais ô combien importantes qui reviennent à l’adjoint du DG, tels que d’évaluer les effectifs et les besoins de l’équipe et d’identifier les joueurs les plus susceptibles de cadrer dans la philosophie et de combler ces mêmes besoins.

Plusieurs fans voulaient BriseBois comme DG, l’argument étant le succès des Admirals de Norfolk, le club-école du Lightning, dont il était le principal artisan. Nous aurons finalement eu droit au bâtisseur des Marlies, l’équipe qui a atteint la finale de la coupe Calder face aux Admirals, à titre d’adjoint à notre DG!

L’arrivée de Scott Mellanby à titre de directeur du recrutement a ajouté un autre homme de hockey québécois à la structure décisionnelle du Tricolore, ce que les fans réclamaient.

Geoff Molson avait affirmé dans sa conférence de presse qu’il connaissait les attentes des partisans et que les meilleurs candidats disponibles seraient choisis…

C’est ainsi que le 5 juin, Michel Therrien était nommé entraîneur-chef des Canadiens. Même si Bob Hartley obtenait la faveur populaire et que Patrick Roy représentait le renouveau, le choix de Therrien cadrait parfaitement avec les exigences du poste: expérience de la LNH, feuille de route éloquente, francophone, québécois et surtout, bien au fait de la réalité du hockey au Québec!

Marc Bergevin démontrait également qu’il suivait la ligne directrice dictée par son patron: le visage de l’équipe venait de changer, les demi-mesures ne seraient plus acceptées.

Afin d’assurer que le développement des jeunes espoirs de l’organisation soit fait dans cette même optique, Bergevin annonçait hier l’embauche de Sylvain Lefebvre pour diriger les Bulldogs. Un autre ancien de la LNH, québécois, francophone, qui connaît la game. Qui plus est, un ex-défenseur, alors que les prospects les plus prometteurs à Hamilton l’automne prochain évolueront à la ligne bleue.

Afin d’assurer la continuité à Hamilton, comme avec Larry carrière à Montréal, il semble que Ron Wilson, qui est à l’emploi des Bulldogs depuis 2003, se verra confié un poste d’adjoint.

Le développement des joueurs ayant été souvent pointé du doigt au cours des dernières années pour les insuccès du Tricolore, la direction se devait de trouver une façon d’épauler les jeunes espoirs. Faire le saut chez les professionnels demande du talent, mais il ne permet pas de s’adapter à la pression d’évoluer pour la plus mythique organisation du hockey dans le monde…

Ainsi, Bergevin et ses acolytes ont créé un poste pour remplir ce rôle. Hier, l’ancien Canadien Patrice Brisebois se voyait confier la responsabilité d’agir en tant que mentor pour les espoirs défensifs. Brisebois connaît mieux que quiconque les difficultés de jouer dans un marché comme celui de Montréal.

Sans avoir été un grand défenseur, sa carrière s’est échelonnée sur 19 saisons, il a connu la gloire en inscrivant son nom sur la coupe Stanley en 1993, il a dû quitter Montréal en 2005, après avoir été la cible des amateurs la saison précédente et il est revenu dans le giron des Canadiens, deux ans plus tard.

Il sait à quel point Montréal peut être le plus bel environnement pour jouer au hockey, tout comme la métropole peut représenter l’enfer lorsque les choses ne tournent pas rond… Son expérience personnelle dans le rôle de grand frère des défenseurs est inestimable, qu’on aime ou pas Brisebois, il faut le reconnaître!

La direction de l’équipe fait tout en son pouvoir pour s’assurer de faire l’acquisition de meilleurs éléments disponibles et pour bien les encadrer. Elle a rempli le plus de postes possible avec des Québécois et des francophones, lorsque les candidats disponibles pouvaient être compétents dans leurs tâches. Maintenant, pour satisfaire les fans, il faut mettre des Québécois francophones sur la glace aussi!

C’est là qu’il faut revenir sur l’embauche de Martin Lapointe…

Les partisans un peu plus âgés conservent un souvenir très amer du hockeyeur de Ville St-Pierre.

À l’été 2001, le directeur général de l’époque, André Savard, avait déroulé le tapis rouge dans le but de signer Lapointe, alors agent libre. Ce dernier avait préféré se joindre aux méchants Bruins, levant le nez sur l’offre du Tricolore qui se voulait plus généreuse que celle de Boston… Lapointe avait d’ailleurs perdu contre les Canadiens, dirigés par Michel Therrien, en première ronde des séries cette saison-là.

 

C’est lui, et cette histoire, sont à l’origine de la rumeur, ou appelons-la légende urbaine, selon laquelle les joueurs québécois hésiteraient à signer avec les Canadiens ou à accepter une transaction vers Montréal…

Hier, lors de l’annonce de sa venue comme directeur du développement des joueurs, Lapointe a fait son mea culpa:

 «Ça fait longtemps de ça… À l’époque, mes parents étaient très déçus lorsque je leur avais annoncé la nouvelle, mais avec le temps, ils ont compris mon choix. J’assume pleinement ce que j’ai fait, j’aurais dû jouer pour les Canadiens, mais j’ai tourné la page et je suis prêt pour un nouveau départ, ici, chez nous. Je suis un membre du Canadien maintenant.»

Bien que les grandes vedettes québécoises dans la LNH soient plus rares qu’à l’époque des Lemieux, Turgeon et Robitaille, que les Lecavalier, Gagné et St-Louis soient en fin de carrière, la déclaration de Lapointe pourrait faire réfléchir un jeune comme Pierre-Alexandre Parenteau quand viendra le temps de négocier une nouvelle entente cet été.

L’occasion de porter le chandail tricolore ne se présente souvent qu’une seule fois dans une carrière. Et bien que le contexte ne soit pas parfait à l’approche de la prochaine saison, l’organisation montréalaise a gagné énormément en crédibilité depuis l’arrivée de Marc Bergevin!

Les joueurs seront entourés d’hommes d’expériences passionnés du sport et qualifiés pour le poste qu’ils occupent, on a déjà fait un long chemin vers la victoire, par rapport à l’équipe Gauthier-Gainey-Martin…

Crédit photo: Agence QMI

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